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Par Bruno "Pacicorsair"

Contrairement à ce que l’on peut penser le premier raid aérien sur l’Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale ne fut pas réalisé par les Anglais ni par les Américains mais bien par les Français, des aviateurs de l’Aéronavale !

Bien avant les Lancaster, Hallifax, B-17, B-24 et autres célèbres bombardiers anglo-saxons c’est un avion beaucoup moins connu, modeste mais robuste, le Farman NC223.4 qui réalisa cette prouesse !

 

Un homme est à l’origine de cet audacieux raid, le Capitaine de Corvette Daillière.

1939, la France a déclaré la guerre à l’Allemagne en Septembre et la Marine réquisitionne 3 futurs appareils destinés aux vols transatlantiques d’Air France : Le «Camille Flammarion » prêt à l’envol, le « Jules Verne » en fin de construction et le « Urbain Le Verrier » au début de sa genèse. Ces appareils sont des Farman 223.4 issus de la lignée de leur prédécesseur le Farman 223.1 construits en 1937 et en service dans l’Armée de l’Air.

 

Fin 1939 le C.C.Daillière et le « Flammarion » s’envole pour l’atlantique sud à la recherche des cuirassés Allemands sans succès. Revenu en France le « Flammarion » doit subir de longues semaines de révisions au grand désespoir de Daillière décidé à repartir au combat le plus tôt. Début 1940 l’Amirauté et les alliés voulant stopper la route du fer en minant la mer du Nord et le golf de Botnie trouve en lui l’homme de la situation .Le « Jules Verne » sera sa monture, toujours en essais a Toussus-le-Noble il faut modifier l’avion non prévu aux opérations militaires.

L’équipage du Farman se compose ainsi :

Commandant Daillière pilote chef de mission

Enseigne de vaisseau Cornet navigateur

Maître Henri Yvonnet pilote

Maître Scour radio

Maître Corneillet mécano

Maître Deschamps mitrailleur-bombardier.

 

 

Ces modifications seront effectuées d’avril à mai 1940, on y installe un nez vitré et un viseur indispensables au bombardement, des lance-bombes sous le fuselage seule possibilité au vu de la place des réservoirs de carburants et on en rajoute d’autres à l’intérieur ! Seul élément défensive pour ce futur bombardier une mitrailleuse Darne de 7.5mm dans l’encablure de la porte !

 

Ce géant de 23 m de long, 34 m d’envergure fin prêt peut emporter 18000 litres de carburant, 8 bombes de 250 kg, une distance franchissable de plus de 8000 km propulsé par 4 Hispano de 880 cv en tandem

 

L’avion fin prêt effectue ses premières missions, toujours de nuit, celle du bombardement de la gare de triage d’Aix-la-Chapelle en passant par le pont de Maastricht inaugure les missions en territoire Allemand. A l’issue de celle-ci l’avion sera peint en noir pour éviter d’attirer l’œil des servants de la Flak !

 

D’autres missions s’enchainent notamment au dessus de la poche de Dunkerque et la Belgique (à moins de 150 m d’altitude !).Echappant toujours à la DCA Allemande et même Française au soir du 5 Juin 1940 la baraka du "Jules Verne" tient bon.

Le 6 juin au matin départ du "Jules Verne" de Poulmic vers Bordeaux Mérignac ou la piste, plus longue, est idéale pour un décollage pleine charge !

On embarque les 8 bombes de 250 kg sous le fuselage et 80 bombes explosives et incendiaires de 10 kg dans la carlingue, elles seront lancées par le mécano et le bombardier par la porte !

16h, avec plus d’une tonne de surcharge le Farman s’arrache de la piste direction la Bretagne et Le Poulmic pour un point fixe puis la Manche et la mer du nord cap sur le Danemark. Ce long trajet afin de surprendre les Allemands s’effectue sans encombre, la météo est bonne. Du Danemark cap au sud-est vers Berlin.

 

Il est 0h00 lorsque le "Jules Verne" arrive sur la capitale du troisième Reich et sur l’aéroport de Tempelhof ou il se présente à l’atterrissage et s’efface au dernier moment ! Continuant sur la ville, toujours endormie l’avion survole les avenues illuminées de Berlin puis à 100m d’altitude il lâche ses premières bombes. Le réveil des allemands est brutal, les projecteurs et la flak embrasent le ciel le "Jules Verne" reprends de l’altitude et refait un passage. Echappant aux faisceaux lumineux et aux tirs il largue une dernière fois sa cargaison, par sa porte les bombes incendiaires sont lancées à la volée par Deschamps et Corneillet arrose les projecteurs avec sa mitrailleuse !

 

Puis c’est le retour, on envoie un message radio pour signaler la réussite du raid et on prend plusieurs caps pour semer la chasse allemande qui brille par son absence ! Atterrissage à Chartres pour un plein de carburant interrompu par les bombardiers allemands sur leurs talons, remontée sur Orly pour finir le plein, l’avion rejoint sa base du Poulmic sans autres encombres !

Pas de champagne ni d’accueil triomphale pour cet exploit, juste la fierté d’avoir accompli une mission de guerre des plus risquée dans un conflit naissant.

Ces hommes, reconnus par leurs pères avec plusieurs citations de l’Armée de l’air et de la Marine pour saluer cet exploit, continueront leurs missions par la suite avec notamment un raid tout aussi audacieux sur Rostock.

Même si ce raid n’a pas changé le déroulement de cette guerre, il a montré qu’un acte de courage est toujours possible pour entretenir l’espoir et montrer que rien n’est jamais perdu. Acte symbolique mais très utile dans ces moments de doutes.

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